Corsica

Où et quand faire de la plongée en Corse ?

5 Commentaires

Quand j’ai eu l’idée de rédiger un article sur la plongée en Corse, j’étais à peu près certaine qu’il s’écrirait tout seul. Je me disais qu’il me suffirait de résumer en quelques phrases tous les souvenirs qui me traversent l’esprit, et le coeur quand je pense à cette île. 

Au final, la chose s’est avérée bien plus complexe que prévu : il y a tant à dire.

Difficile de savoir par où commencer : quel que soit l’angle sous lequel on la regarde, la Corse est irrésistible…ses images, ses couleurs, ses odeurs, son littoral, sa montagne, sa cuisine, ses habitants, TOUT !

 

Voici donc un billet un peu différent de ceux que vous avez l’habitude de lire dans ce blog. Bien sûr, il sera question de plongée sous-marine et bien sûr vous y trouverez des informations sur des spots connus ou moins connus en Corse. Mais avant cela, je voudrais vous emmener faire un petit tour en surface parce que c’est à l’instant même où l’on pose un pied sur l’île de Beauté, que commence la véritable plongée corse.

Une plongée Corse qui commence sur terre

Dans une autre vie, j’ai vécu avec un corse. J’avais un peu plus de vingt ans quand je les ai rencontrés, lui et son île. Puis pendant prés de treize ans, avec mon fils Pascal, j’ai passé tous mes étés en Corse. J’ai vu mon fils grandir à l’occasion de chacun d’entre eux. Souvent au Sud, du côté de Porto Vecchio, Bonifaccio ou dans les alentours de Zonza et Bavella. Parfois plus haut, vers Corte ou encore à Calvi. J’aime autant le littoral que ses reliefs montagneux et ses forêts.

Puis j’y suis retournée 3 fois, pour y plonger, trop peu souvent entre 2009 et aujourd’hui avec ma moitié, l’homme de ma vie, celui qui m’accompagne à chaque instant. La Corse me manque. Physiquement, Je le réalise au moment d’écrire cet article.

Je ne rate jamais une occasion de dire que mon fils Pascal est d’origine corse. Il y a de la fierté dans ces mots, je dois bien le reconnaître, mais pas seulement. Je crois qu’il y a surtout un attachement sincère à cette île qui m’a accueillie bras ouverts quelques décennies plus tôt.

Un contact quasi charnel, un attachement profond, des expériences presque mystiques. Inracontables. Au point que je me disais que j’aimerais finir mes jours, là, et nulle part ailleurs, comme Michel Sardou dans sa sublime chanson Corsica que j’écoutais en boucle dans les années 2000 quand je séjournais en Corse..

« Paradis terrestre », l’expression parait facile, usée même, et pourtant… Elle n’est qu’à quelques kilomètres du continent mais la Corse a des airs d’un autre monde, de paradis lointain et pourtant si prés de chez nous, niçois.

Elle surprend, séduit, enveloppe et réveille les sens : 

  • Eaux turquoises
  • Odeur du maquis, 
  • Bouquets d’essences végétales uniques,
  • Parfums de clémentines, 
  • Saveurs de brocciu, de figatelli ou encore de canistrelli
  • Et l’accent qui ne faiblit jamais.

 

Une île fantastique sous haute protection 

Malgré plus de deux millions de touristes chaque année, la Corse est toujours la Corse : Ses habitants veillent au grain et ils ont bien raison. 

Depuis 2002, c’est la Collectivité territoriale de Corse qui est en charge de la protection, la gestion et la sensibilisation des 7 réserves naturelles. Cependant, les structures diffèrent selon les réserves. 

Par exemple : 

  • La réserve naturelle de Scandola est gérée par le Parc National Corse crée en 1972 et qui recouvre près de la moitié de l’ile.
  • Les Bouches de Bonfacio ou les Iles Cerbicale relèvent quant à elles de la compétence de l’Office de l’Environnement de la Corse.

Vous trouverez ici la liste de ces réserves.

Et puis bien sûr, à côté de cette protection institutionnalisée, il y a l’amour des corses pour leur île, une volonté de la préserver qui est inscrite dans leur ADN et qui n’a jamais faibli.

 

plongée Corse

Les spécificités de la faune et de la flore corses

Il y a en Corse, une grande diversité d’espèces animales et végétales dont certaines sont endémiques : 

  • Le mouflon corse, « a muvra », protégé depuis 1955. Il est sans doute l’un des plus anciens puisqu’il apparaît déjà dans des textes antiques grecs ou latins : 
  • La sanglier, chassé et cuisiné en civet,
  • Le cochon corse qui vit en liberté et que l’on croise très souvent sur le bord de la route (ou au milieu…)
  • Le myrte dont on fait de la liqueur…

Plongée en Corse 

A peine quelques mètres au dessous de ces paysages terrestres exceptionnels se cache un patrimoine sous-marin riche et varié, unique en Méditerranée. 

Epaves, tombants, canyons, grottes… que l’on soit débutant ou confirmé, tous les plongeurs sont assurés d’y trouver leur bonheur. 

 

Le golfe de Calvi 

  • L’épave du Bombardier de Calvi 

Il y a 5 spots de plongée sur épaves en Corse : 

  • le canadair du Golfe de Sagone, 
  • la Pécorella à proximité de Porto Vecchio, 
  • l’Alcyone dans le port de Tavarone, 
  • le P47 de Santa Sévéra au Cap Corse 
  • et celle du bombardier de Calvi également appelé Boing B17, considérée comme l’une des plus impressionnantes au monde.

Le B17 a été abattu par des chasseurs allemands le 14 février 1944. Il est désormais immobilisé à une profondeur de 28 mètres, au pied de la citadelle de Calvi. 

Une plongée mythique qui permet également de rencontrer des murènes, des congres ou encore des girelles. Mais une plongée technique, réservée aux plongeurs de Niveau 2 à Niveau expérimenté. 

 

  • Le Sec de la Revellata

C’est l’un des plus beaux spots de plongée en Corse : toute la diversité des fonds marins corses est là ! Sa situation en périphérie de la réserve de Scandola y est certainement pour quelque chose…

Le Golfe de Porto 

Le Golfe de Porto est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983 et si ses couleurs vous rappellent celles d’un autre paysage du Sud de la France, c’est parce qu’il est la continuité du massif de l’Estérel. La Corse était autrefois rattachée au continent et elle n’a pris le large qu’à l’aire tertiaire. 

Le site qui est situé dans la réserve naturelle de Scandola, comprend en outre 750 hectares marins protégés. La création de cette réserve a notamment permis à certaines espèces menacées tels que coraux, langoustes ou gorgones de ne pas disparaître et même de prospérer. Quant aux mérous, alors qu’il en restait moins de 10 en 1975, on en compte désormais plus de 700 donc certains pèsent plus de 40 kg.

La plongée en bouteille est interdite dans la réserve mais il reste possible de plonger en limite.

Le Golfe de Sagone

Ce n’est peut être pas la région de Corse la plus connue des touristes mais pour les plongeurs, le Golfe de Sagone mérite largement un détour et même plus que ça.

  • L’épave du Canadair 

Le 12 septembre 1971, un Canadair vient de larguer une cargaison d’eau sur un incendie et s’apprête à remplir ses réservoirs. Soudain, sans raison apparente, l’avion freine et pique du nez. Heureusement, le pilote et le co-pilote parviennent à sauter avant que l’appareil ne coule à pic. Il repose désormais à l’envers et à 30 mètres de fond. 

  • Le tombant de Punta Locca 

Plonger sur un tombant est une expérience très particulière puisqu’il s’agit de réaliser une plongée verticale. Avec ses 60 mètres de long, le tombant de Punta Locca promet une plongée impressionnante et vertigineuse. Le relief est varié (grottes, cassures, secs…) et de nombreuses espèces endémiques y ont trouvé refuge : rascasses, nudibranches, corbs…

  • Capo Rosso 

C’est l’un des spots les plus incroyables de Corse. On y pénètre par une arche, l’Arche de Capo Rosso, et ensuite on traverse un paysage inattendu : une succession de pitons rocheux pointus dont certains semblent remonter jusqu’à la surface et qui font penser aux ruines d’une cathédrale.

La géologie du site est remarquable mais la faune n’est pas en reste : On y croise notamment des gorgones, des mérous ou des nudibranches…

  • Le cirque de Marifaja 

Ce canyon rocheux situé à 2km de Cargèse est également réputé pour la richesse de sa faune : murènes, raies pastenagues, gorgones rouges, anémones…

Le Golfe d’Ajaccio 

Au large de Porticcio, la grotte sous-marine de Campanina est un site exceptionnel et presque irréel, réservé aux plongeurs de niveaux 3. L’entrée de la grotte se fait à 50 mètres sous la surface de l’eau et on remonte ensuite par une cheminée, à 35 mètres de profondeur. 

Le Golfe de Valinco

C’est dans le Golfe de Valinco que l’on trouve quelques uns des spots les plus connus de Corse, au large entre Porto Pollo et Propriano.

  • Le jardin : célèbre pour son corail noir, réservé aux plongeurs expérimentés de niveau 2
  • Les cathédrales : un site emblématique composé d’immenses remontées rocheuses. Elles commencent à 50m de profondeur et remontent, pour les plus hautes jusque’à 6m de la surface de l’eau. La faune qui se cache à l’intérieur de ces tombants multicolores est aussi riche : coraux, gorgones, dentis, mérous…
  • L’ancre : Au large de Porto Pollo, le site est un tombant de 25m prisé notamment par les amateurs de photos sous marines
  • Les Aiguilles : Autre spot très photogénique et particulièrement adapté à la macro. Il se situe à 45m de profondeur au large de Propriano. On plonge au milieu de formations rocheuses en forme d’aiguilles, toutes tapissées de gorgones ou d’éponge. Certaines remontent si haut (8m de profondeur), qu’elles semblent à deux doigts de percer la surface de l’eau.
  • Le sec de Tavaru : Pic rocheux situé à quelques minutes en bateau du port de Porto Pollo, qui émerge à un mètre de la surface et descend jusqu’à 30m de profondeur. Il est un peu à la croisée des chemins des autres spots du coin. 
  • La Roche bleue : un plateau recouvert de gorgones rouges… Les explications de ce mystère de changement de couleurs dans les profondeurs sont à découvrir dans mon article sur les photos sous-marines.

Mais la liste est encore longue et il y a bien d’autres spots à explorer dans le Golfe de Valinco : Petite Vallée, Grande Vallée, le Colorado, la Vallée des Mérou, le sec de l’Evèque ou encore le Sec de la Tour….

 

Plongée en Corse du Sud

  • Les Iles Lavezzi : l’enfer et le paradis 

Le 15 février 1855, La Sémillante, une frégate à voile de plus de 50m de long, s’écrase sur la pointe de l’île Lavezzi. Et fait plus de 560 victimes. Ce naufrage décrit par Alphonse Daudet (L’Agonie de La Sémillante, 1866) reste encore aujourd’hui la plus grande catastrophe en mer Méditerranée.

 

Les bouches de Bonifacio

Elles ont depuis conservé la réputation d’être « l’endroit le plus dangereux des côtes corses», confirme Marc-Dominique Tramoni, de la Société nationale des sauveteurs en mer. Son équipe de bénévoles intervient ici une soixantaine de fois par an, appelée pour des pannes techniques ou de malencontreux échouages sur les rochers. Quant à l’épave de La Sémillante, elle continue d’attirer les chasseurs de trésors qui cherchent toujours son hypothétique trésor…

 

Les îles Lavezzi

Au large de Bonifacio, ces îles ont été classées en réserve naturelle depuis 1982. C’est même la plus grande réserve naturelle de France : environ 80 000 hectares entre la Corse et la Sardaigne. On y accède par bateau uniquement, au départ de Bonifacio. La traversée dure une vingtaine de minutes.

La plongée sous-marine dans les fonds marins autour des iles est soumise à autorisation individuelle. Elle permet de découvrir une faune d’une richesse exceptionnelle (gorgones, mérous, dentis, sars, girelles…). Les plongeurs décrivent souvent ce site comme « un aquarium naturel qui n’aurait ni vitre, ni limite ». 

  • Mérouville

Parmi les sites de plongée remarquables, celui du Sec du Pellu, plus connu sous le nom de Mérouville. La plongée est possible dès le niveau 1 mais sous conditions (donc à voir avec le club). On y fait connaissance avec des familles entières de mérous qui y vivent depuis longtemps. N’étant plus chassés depuis 1999, les mérous ne craignent plus la présence de l’homme. De fait, si l’on s’y prend bien et avec douceur, il est même possible de les caresser, sauf que pour moi « no way », sous l’eau on ne touche à rien.

 

Plongée Corse Mérouville

Le Golfe de Porto-Vecchio

  • La Pecarolla dans l’archipel des Iles Cerbicales au large de Porto-Vecchio 

C’est la plus accessible des épaves sous-marine, idéale pour les plongeurs débutants. Ce bateau cimentier de 45m de long était parti de l’ile d’Elbe en novembre 1965 et devait rejoindre la Sardaigne. Mais dans la nuit un écueil a déchiré sa coque. Il s’est d’abord échoué contre un ilot puis il a coulé.  Sa proue n’étant qu’à 6 mètres de profondeur, il suffit d’un masque, d’une paire de palmes et d’un tuba pour la trouver. Un spot à faire en Méditerranée !

 

Trois dernières choses avant de clore cet article :

Pour répondre à la question quand ? Idéalement en été pour les frileux bien sûr, mais avec une bonne combi toute l’année !

De plus s’il y a des amateurs de snorkeling parmi vous, je vous conseille le l’Ile de Piétra. C’est le spot parfait pour cette activité : à quelques mètres de profondeur, vous n’en croirez pas vos yeux.

 

Enfin, je tiens à faire une petite mise au point par rapport à un autre article de ce blog, que vous avez peut-être lu et dans lequel je fais le récit d’une mauvaise expérience de plongée Corse. Le souvenir amer que j’en ai conservé de cette plongée est uniquement dû à une erreur de casting. Dans le choix du club de plongée : pas les bonnes personnes et pas le bon jour non plus.

La Corse est un paradis pour les plongeurs, j’espère vous en avoir convaincus. Et un paradis que l’on a la chance de voir de sa terrasse quand on vit à Nice comme moi ! 

 

Corse vue de Nice

 

 

Article précédent
Devez-vous avoir peur des balistes communs ?

5 Commentaires. En écrire un nouveau

  • Tu as magnifiquement parlé de cette île, merci.
    Très passionnant, cela donne envie de se mettre à la plongée. Je ne connais pas cette facette de la Corse mais ça ne m’étonne pas au vu de ce qu’elle nous offre sur terre.
    Bonne continuation

    Répondre
  • Merci pr le partage de cet article ! Je suis déjà aller en Corse mais je n’ai pas visiter se type d’endroit !

    Répondre
  • Je suis allé en Corse en août de cette année, plus précisément à Galéria. Je n’ai pas trouvé les plongées exceptionnelles si je les compare avec la réserve de Port Cros. En plus le personnel du club n’était pas très sympa et limite au niveau technique. Mentalité de caserne de pompier, proche du désagréable et franchement déplaisant sur le bateau. Je ferai exception pour un DP qui s’est montré à l’opposé de ces attitudes, cool, sympa, explicite au regard des plongées et disponible à la réception des plongeurs lors du retour au bateau. Affaire de personne me direz-vous? Surement mais pas seulement, ceux qui se croient autorisés à autant d’arrogance le sont parce que l’environnement leur permet de l’être. Centre subventionné sans doute, ils en oublient les principes élémentaires de la notion d’accueil et de plongée plaisir…et la dimension commerciale de l’activité. Pour ma part, je ne suis pas prêt d’y retourner.

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.