Mokarran

Mokarran, la beauté de la plongée engagée à Tahiti – et à l’UNOC à Nice !

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Il y a des rencontres qui marquent.

Des projets qui réveillent quelque chose de profond. Pendant l’UNOC 2025 à Nice, entre deux conférences et une effervescence marine internationale, j’ai croisé le regard… d’un requin. Ou plutôt, d’un totem en bois sculpté à son effigie. Il trônait là, majestueux, puissant, paisible. Signé Mokarran.

Je n’ai pas résisté. J’ai posé avec ce totem. Une connexion. Et surtout, une formidable occasion de découvrir l’univers de Mokarran, cette initiative inspirante née à Tahiti, dédiée à la protection du requin marteau géant – le fameux Sphyrna mokarran.

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous cette rencontre, et de vous faire découvrir pourquoi Mokarran, association fondée par Jean-Marie JEANDEL, son président, mérite d’être présentée et relayée.

Mokarran

Mokarran : au service du grand marteau… et de l’océan tout entier

Le nom Mokarran, vous l’aurez deviné, vient du nom scientifique du requin marteau géant. Ce majestueux animal, rare, discret, en voie de disparition dans certaines régions, est le cœur du projet.

Mokarran, c’est un organisme engagé dans la recherche, la conservation et la sensibilisation, la protection des requins marteaux.

Sur leur site Mokarran Protection Society, on découvre un univers que la Mokarran Protection Society est donc une association de loi 1901 basée à Rangiroa en Polynésie française, qui a pour mission l’étude et la protection du Grand Requin Marteau.

Malgré son statut d’espèce en danger d’extinction, le Grand Requin Marteau reste l’une des espèces de requins les moins connues au monde.

Au travers des expéditions scientifiques menées dans l’archipel des Tuamotu, les membres de l’association souhaitent mieux comprendre ce grand prédateur et participer activement à l’effort de conservation de cette espèce emblématique.

 La plongée au travers de ces expéditions devient un acte de connaissance, de transmission, et de respect.

Un univers qui me parle profondément.

Requin marteau Mokarran

Une présence remarquée à l’UNOC 2025 à Nice

Ainsi, voir Mokarran à l’UNOC à Nice, ce n’était pas un hasard. L’UN Ocean Conference rassemble chaque année les acteurs du monde marin : chercheurs, ONG, gouvernements, citoyens de la mer.

Et leur présence, via ce totem impressionnant et leur stand chaleureux, était un appel : ramener les voix du Pacifique, les enjeux de la biodiversité, et surtout cette idée que la plongée peut être un levier de changement.

Des conférences ? Oui. Des photos sublimes ? Aussi. Mais surtout : des conversations. Des récits. Des passions partagées.

C’est là que j’ai senti à quel point Mokarran est une aventure humaine. Animée par une équipe de passionnés, de scientifiques et de plongeurs qui ne séparent jamais exploration et protection.

Un organisme qui soigne le lien au vivant

Les objectifs de l’association portent sur trois axes principaux scientifiques, participatifs, écologiques, et tendent à comprendre les mouvements des grands requins marteaux dans le « système passe » en fonction des échanges lagon-océan.

1) Scientifiques

  • Pour caractériser la population en présence (nombre, ratio mâles-femelles, taille) ;
  • Afin d’évaluer la sédentarité annuelle et inter-annuelle des individus ;
  • Pour déterminer les facteurs d’observabilité de l’espèce sur Tiputa ;
  • ET fournir des données concrètes sur l’écologie et le schéma migratoire de l’espèce en Polynésie.

2) Participatifs

  • En consolidant le réseau d’observation avec les différents clubs de plongée des tuamotu qui plongent quotidiennement, et qui sont donc des partenaires privilégiés pour récolter des données et informations sur le long terme.
  • La collecte de témoignages auprès des pécheurs locaux permet de donner une idée anecdotique sur la répartition des grands requins marteaux dans le lagon. C’est un moyen de découvrir de nouvelles zones d’agrégation ou même de nurseries. Cette prise de contact avec les professionnels de la pêche, surtout les palangriers, est aussi importante pour savoir si le grand marteau et des juvéniles de l’espèce font parties des prises accessoires locales.

3) Écologiques

En tant qu’association environnementale, son rôle dans la sensibilisation et l’information au grand public est cruciale.

De nombreuses présentations sont réalisées au sein de la communauté de Rangiroa et plus largement en Polynésie (scolaires, pêcheurs, club de plongées, touristes), afin de conscientiser la population sur la vulnérabilité de cette espèce et sur son rôle prépondérant dans l’équilibre de la vie sous-marine.

Bien qu’étant une espèce protégée en Polynésie française, le grand requin marteau reste vulnérable dans les eaux internationales et étrangères.

Déterminer la provenance de ces individus et leurs routes migratoires est primordial afin de protéger cette espèce sur son aire totale de répartition.

Un projet scientifique participatif

La Mokarran Protection Society emploie la science participative, qui permet à l’association de recueillir auprès d’un réseau de moniteurs, plongeurs de passage, mais aussi de la population de l’archipel, des données d’observations et des images tout au long de l’année.

Son équipe se compose de biologistes marins, de photographes, de vidéastes sous-marins et terrestres, de juristes, de chargés de communication, d’informaticiens, d’intervenants en milieu scolaire. Tous sont des plongeurs expérimentés et familiers de la passe de Tiputa qui évoluent en circuit ouvert ou fermé.

Pour mener à bien ses missions, 4 pôles de compétences agissent de concert au quotidien :

  • La « Mokarran Science » qui mène des études permettant de contribuer activement à la recherche scientifique au niveau local mais aussi international. Elle est en lien avec l’université de Polynésie française et assure des échanges avec des chercheurs de métropole, des États-Unis et d’Australie.

 

  • La « Mokarran Exploration » est pour sa part en charge des plongées et des expéditions à la recherche de ce requin et de ses habitats clés en Polynésie. Chaque mission est un défi logistique et humain.

 

  • La « Mokarran Académie ». Elle permet de partager les connaissances auprès du grand public, avec une attention toute particulière à destination des jeunes. Des programmes sont mis sur pied dans des établissements pilotes comme les collèges de Teva i Uta et de Tipaerui sur l’île de Tahiti et, bien sûr, de Rangiroa.

 

  • La « Mokarran Fenua » valorise le lien existant entre le tamataroa et le cœur des Polynésiens au travers de légendes, de la mise en place d’une approche environnementale respectueuse, et en impliquant l’artisanat local (pareo, gravure sur nacre, sculpture sur bois).

 

Mokarran

La plongée émotionnelle et responsable : mon écho personnel

En posant avec leur totem à l’UNOC, je me suis dit : il y a là une convergence de valeurs.

Plonger pour rencontrer le vivant. Pour le comprendre, l’honorer, le défendre.

Vous le savez, dans Dans nos bulles, je parle souvent de la plongée comme d’une exploration intérieure autant qu’extérieure. Une immersion dans le bleu pour se reconnecter à soi. Etre respectueux du milieu dans lequel on évolue en tant que plongeur.

Je rêve maintenant d’aller plonger à Tahiti. De suivre les requins. De ressentir cette présence invisible et puissante, ce frisson sacré qu’on ressent quand on croise un regard animal dans le bleu.

Mokarran Polynésie

Alors pourquoi soutenir et faire connaître Mokarran ?

Parce que ce genre d’initiatives mérite d’être vues, partagées, soutenues.

À l’heure où l’océan souffre, où les requins sont massacrés dans l’indifférence, on a besoin d’alternatives lumineuses.

Un clin d’oeil spécial à mon ami Younès 🙂 plongeur passionné et niçois à l’origine de la venue de Mokarran à Nice aujourd’hui ! Bravo pour cette initiative et son engagement. Il fait de magnifiques photos sous-marines que je vous engage à découvrir sur sa page FB.

En conclusion : mon rêve bleu avec Mokarran

Ce billet est une promesse. Celle que je me fais à moi-même : un jour, je plongerai là-bas. Je verrai peut-être un Mokarran, pour de vrai. Je ressentirai ce que tant d’autres ont décrit : le silence vibrant du face-à-face avec l’un des plus beaux prédateurs de la planète.

Et je reviendrai vous le raconter, bien sûr.

Car ces bulles-là, je veux les partager avec vous.

En attendant, je vous invite à découvrir leur site, à les suivre, à en parler autour de vous. Et si le cœur vous en dit… à poser vous aussi avec leur totem, quand il passe près de chez vous.

Et perso j’ai rencontré Maui ! Le sculpteur du totem, l’artiste lui-même c’est lui !

Mokarran

On se le revoit ?

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