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La respiration en plongée, mes huit conseils pratiques

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La respiration en plongée… Un sujet clef de votre apprentissage.

Le principal sujet d’inquiétude des débutants.

Elle peut être source de stress, voire de panique, ou a minima vous causer des tracas de moindre importance en générant une surconsommation qui peut conduire à écourter vos explorations.

Entre sport et méditation, la plongée peut contribuer à modifier votre perception de la vie. Elle peut vous amener à une discipline mentale bien utile en d’autres circonstances. Car il faut apprendre à se contrôler.

 

 

Tout d’abord respirer en plongée, ce n’est, au départ, pas naturel, personne ne peut le nier (même si, croyez moi sur parole, ça le devient!)…

Le réflexe humain à l’immersion, c’est d’inspirer un grand coup et de bloquer la respiration.  

Ventiler doucement et calmement nécessite alors un effort sur soi, un travail, une détente. C’est avant tout une question de pratique.

Avec un détendeur on ventile par la bouche, inspiration et expiration, plutôt qu’inspirer par le nez et expirer par le nez ou la bouche, comme la plupart d’entre nous en surface normalement. Là encore ce n’est pas naturel.

Au début, les plongeurs débutants, sur-ventilent, souvent pour ces raisons entre autres. La sur- ventilation peut conduire à un essoufflement, un sentiment d’angoisse ou de stress. Mais cela se gère.

En descendant, en ajoutant des litres d’eau au dessus de sa tête, la pression augmente, cette pression est subie sur tout le corps et appuie entre autre aussi sur le ventre et sur les côtes. Cela influe également sur les sensations de notre ventilation, sur nos repères. Cela augmente l’effort à faire pour respirer. Il faut s’y habituer. Les premières fois on est dérouté et il peut arriver de ressentir angoisse et anxiété…

Les facteurs externes qui augmentent le stress

Stress, fatigue, mauvaise forme générale, sont autant de facteurs qui vont contribuer à rendre la respiration moins aisée, et surtout vous faire consommer beaucoup d’air. IL y en a beaucoup d’autres qu’il faut parfois savoir écouter… 

 

Mes conseils pour gérer son stress et sa respiration en plongée

Alors voici quelques conseils, tirés de mes propres expériences, pour gérer ces inconvénients souvent présents chez les débutants:

D’abord ne plongez que si vous avez envie de le faire, « vous ne le sentez pas, ne le faites pas »!(1)

Prenez aussi le temps de vous équiper tranquillement, pas en panique parce que les autres sont déjà à l’eau. Ils vous attendront. Prenez le temps de vous calmer aussi avant de descendre. Sinon sans vous rendre compte vous poumons ne se videront pas, vous retiendrez inconsciemment une partie de votre air. (2)

Une de mes proches a tendance à trop serrer son masque et à avoir peur qu’il ne se défasse sous l’eau. Outre le fait qu’elle garde la marque incrustée sur son visage longtemps après la plongée (!), ce stress lui pose problème au début de l’immersion. Réglez ce genre de chose tranquillement, avant la plongée. Et sachez qu’en ce qui concerne le masque il ne sert à rien sous l’eau, enfin à rien en ce qui concerne la respiration.

J’ai connu un dive master à Raja Ampat qui n’avait carrément pas de lanière. Il posait son masque sur son visage et la pression le faisait tenir tout seul! Enorme, quelle démo! C’est par la bouche que tout se fait.

Ce n’est pas pour rien si on vous le démontre avec l’exercice du vidage de masque (un excellent article de Philippe Jourdren à ce sujet que je vous recommande), si redouté des débutants, si bien maîtrisé par les plus confirmés! J’ai récemment écrit moi même écrit un article sur le sujet qui a connu un certain succès (3)

De même ne choisissez pas une combinaison trop petite pour vous, ça a l’air si évident… et pourtant! Mon chéri avait un jour pris du M au lieu de son traditionnel L en combinaison de plongée. Au moment de descendre il était nerveux, essoufflé, oppressé.

Ne comprenant pas les raisons de ce trouble inhabituel, il s’en ouvre alors à notre dive master, qui en dédramatisant son stress lui dit en riant, « euh ta combinaison, c’est pas du M? Prends plus grand la prochaine fois »! (4)

Enfin, ne faites pas de votre consommation, même si de retour en surface quelques fanfarons se plaisent à faire des comparaisons, une obsession (on s’en fout!!): le simple fait d’avoir peur de trop consommer risque de vous faire trop consommer!

C’est souvent dans la tête. Au début de nos sorties mon chéri faisait une fixation là dessus car une ou deux fois il avait dû avec un 12 litres finir la plongée sur l’octopus de notre guide. Du coup, il est passé à des blocs de 15 litres, et désormais moins obnubilé par sa consommation, il lui reste un maximum à chaque fois dans la bouteille à la remontée. (5)

Une fois au fond, soyez zen et lents! Inutile de palmer comme un fou, économisez au maximum votre énergie : moins vous palmerez ou vous agiterez et moins vous consommerez. Préférez l’amplitude et la souplesse, laissez vous glisser dans l’eau.

Evitez, dans le même sens, de lutter contre les éléments, en essayant désespérément par exemple d’aller à contre-courant. Tout effort se traduit par une plus forte consommation. (6)

Si vous êtes trop lestés, vous allez aussi consommer beaucoup d’air, souvent bien plus que vos compagnons de plongée bien équilibrés.

D’une part, vous aurez à fournir pour vous déplacer de gros efforts, consommateurs d’air et vous risquez de passer la plongée à gonfler votre stab, puis à la vider. Idem si vous n’êtes pas assez lestés, puisque là encore vous aurez à fournir des efforts considérables pour vous stabiliser.

N’hésitez à vérifier et revérifier votre lestage, qu’il soit le plus adéquat possible.(7)

Seule la pratique vous permettra d’apprivoiser vos sensations. Il faut aussi apprendre à progressivement maîtriser sa respiration. Et là encore, calme et décontraction doivent être les maîtres mots : une inspiration lente suivie d’une expiration profonde mais tranquille…

Attention, il ne faut pas faire d’apnées pour économiser son air, ce serait à la fois dangereux et inutile. Le but, comme avec le palmage, est de privilégier l’amplitude et le calme.

Il faut chasser l’air et vider les ballasts pour couler, remplir les ballasts pour remonter tranquillement, comme un sous- marin. C’est ce que l’on appelle le poumon-ballast, base absolue de la plongée. Et ce n’est qu’en maîtrisant parfaitement cette technique, en sachant inspirer mais surtout expirer correctement, qu’il est possible acquérir une aisance appréciable.

Alors vous verrez que très vite, simplement en remplissant et en vidant vos poumons, vous serez capable de monter et descendre sans faire un mouvement : vous n’aurez donc ni à palmer, ni à gaspiller votre air en remplissant et vidant votre stab sans arrêt.

Tout cela deviendra complètement erroné si vous essayez la plongée en recycleur, mais cel est une autre histoire! (8)

A priori, plus vous plongerez régulièrement et moins vous consommerez, même si certains sont toute leur vie plus « consommateurs » que les autres, malgré une pratique très régulière. Calme et « zénitude » sont les seules bonnes solutions.

Et si vous êtes plutôt un gros consommateur, privilégiez les plongées à faible profondeur pour en profiter pleinement : mieux vaut remonter « rassasié » d’une longue plongée à 20 mètres qu’un peu frustré, bouteille vide, d’une incursion à 40! Enfin tout dépend ce qu’on recherche! Je parle pour moi! 

Voilà quelques conseils, les miens… mais peut- être y en a t’il d’autres? A vous lire amis plongeurs!

 

 

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  • Très bon site j aime bien les articles et sujets félicitation pour ce bon travail
    je l’envoie a un ami qui désire débuté la plongé
    je suis impatient de voir de nouveau sujet

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  • Erreur
    Cela m’avait échappé à la première lecture : Il faut vider l’air et REMPLIR les ballast pour couler et VIDER les ballast pour remonter… Le sous marin remplit ses ballast d’eau pour naviguer en immersion.. Il les vide en injectant de l’air…

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  • tu peux ajouter que pour ne pas avoir de problèmes de respiration il faut avoir une vie saine et surtout ne pas être adicct au tabac ce qui est à mon avis le plus important. Bien que quelques « gros durs » soutiendront qu’eux fument un paquet de clopes par jour sans que cela puisse les importuner…

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  • Merci pour cet article
    Je conseille aux prépas N1 et N2 de noter ds leur carnet après la plongée l épaisseur de la combi, les Kg de leste pris et le genre de bouteille 12l, 15l acier, alu
    Ceci pour avoir des repères sur des sites identiques et moins de stress… plongées plus zen !

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  • Simple et efficace ! Il faut aussi réussir à garder un rythme ventilatoire « de surface » lorsqu’on est immergé (ie inspiration-expiration-apnée expiratoire). Trop de plongeurs et de plongeuses basculent sur un rythme favorisant l’essoufflement et les maux de tête (inspiration-apnée inspriatoire-expiration).

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    • Merci Philippe! Oui c’est important de ne pas provoquer l’essoufflement et il peut venir vite…. Et merci pour ton excellent article sur le vidage de masque. Vidage de masque ou VDM! Excellent!

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  • Absolument d’accord pour accorder une place importante à la maitrise de la respiration en plongée.. C’est un des 3 fondamentaux de la plongée avec l’équilibre et la motricité… Avec un peu d’expérience on voit immédiatement le problème arriver lorsque la respiration part en vrille…
    Perso, je garde le réflex d’inverser la séquence.. Je commence par expirer pour chasser l’eau qui se serait introduit dans le détendeur avant d’inspirer…
    Enfin je me méfie de l’essoufflement avec la profondeur et un effort mal géré.. L’expiration poussée pour chasser le co² reste l’arme absolue..

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  • Très bon article. Je le dis sans cesse à mes élèves qu’être calme est le début d’une bonne et longue plongée. Mais parfois plus facile à dire qu’à faire !

    Je les enverrai lire cet article, ça résume très bien la situation.

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  • Tres bon article, cependant je ne peux m’empêcher de ragir sur une chose:
    « avec éventuellement deux petites secondes de retenue entre deux cycles »
    NON, surtout pas. Cela s’appelle les microapnées.
    Microapnées – accumulation de Co2, = mal de tete assuré!
    Sans compter le fait que conseiller ca a des debutants peut etre dangereux si il le font sur la fin de l’inspiration (debut de remontée inevitable si correctement lesté)

    Donc non, retenir son souffle entre 2 cycles n’est pas du tout une bonne idée…

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