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La plongée, dites, c’est comme le vélo ? Huit ans plus tard, je connais la réponse !

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Il y a quelques années, j’avais publié sur ce blog un article intitulé La plongée, dites, c’est comme le vélo ?

À l’époque, cela faisait déjà plusieurs mois que je n’avais pas plongé et je me posais sincèrement la question. Allais-je retrouver mes automatismes ? Ma flottabilité ? Cette sensation de confort sous l’eau que l’on finit par considérer comme acquise ?

Les réponses avaient été nombreuses. Certains plongeurs m’assuraient que tout reviendrait naturellement. D’autres me conseillaient de reprendre progressivement. Je les écoutais sans vraiment savoir qui avait raison.

Aujourd’hui, plusieurs années, plusieurs centaines de plongées, quelques croisières, des voyages aux Maldives et en Thaïlande, et surtout une pandémie mondiale plus tard, je crois pouvoir répondre à cette question.

Oui.

La plongée, c’est un peu comme le vélo.

Mais pas complètement.

Et c’est précisément pour cette raison que je ne saute plus jamais ma plongée de réadaptation.

 

Plongée de réadaptation

Deux ans sans plonger : la parenthèse qui m’a fait réfléchir

Comme beaucoup de plongeurs, la période du Covid a bouleversé mes habitudes.

Les voyages ont été annulés.

Les centres de plongée ont fermé.

Les séjours rêvés ont été reportés.

Quelques semaines sont devenues quelques mois.

Puis presque deux années sans immersion.

Pendant longtemps, je me suis rassurée en me disant que tout reviendrait naturellement.

Après tout, je n’étais plus une plongeuse débutante.

J’avais déjà exploré de nombreux fonds marins, affronté quelques courants maldiviens mémorables et accumulé suffisamment d’expérience pour ne plus me sentir novice.

Pourtant, lorsque je me suis retrouvée sur le bateau de ma première sortie après cette longue interruption, quelque chose avait changé.

Pas mes compétences.

Pas mon niveau.

Mais ma fluidité.

Le jour où les Maldives m’ont rappelé une vérité essentielle

Je me souviens parfaitement de cette première mise à l’eau.

Le soleil se levait sur l’atoll.

L’eau était calme.

Le matériel prêt.

Tout semblait familier.

Et pourtant.

Au moment de préparer mon équipement, je me suis surprise à vérifier plusieurs fois les mêmes réglages.

Mon ordinateur de plongée me paraissait soudain moins intuitif.

Je contrôlais davantage chaque détail.

Sous l’eau, les sensations étaient là.

Mais elles semblaient légèrement rouillées.

Ma flottabilité demandait plus d’attention, ma respiration était un peu plus rapide.

Ma consommation légèrement supérieure à mes habitudes.

Rien de grave.

Personne n’aurait probablement remarqué quoi que ce soit.

Mais moi, je savais.

J’avais retrouvé la plongée.

Je n’avais pas encore retrouvé toute mon aisance.

Et cette différence est précisément ce que la plongée de réadaptation permet de combler.

 

Qu’est-ce qu’une plongée de réadaptation ?

La plongée de réadaptation, parfois appelée plongée de reprise, plongée de remise à niveau ou check dive, est une immersion destinée à retrouver progressivement ses automatismes après une période d’arrêt.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, elle n’est pas réservée aux débutants.

Bien au contraire.

Elle s’adresse à tous les plongeurs qui souhaitent retrouver leurs sensations avant d’entreprendre des plongées plus engagées.

Elle se déroule généralement dans des conditions simples :

  • profondeur limitée ;
  • peu de courant ;
  • environnement rassurant ;
  • rythme tranquille.

Son objectif n’est pas d’explorer un site exceptionnel.

Son objectif est de retrouver ses marques.

Et c’est souvent beaucoup plus important.

 

Ce que notre cerveau oublie

La plongée repose sur une multitude d’automatismes.

Lorsque nous pratiquons régulièrement, nous ne réfléchissons plus à certains gestes.

Nous équilibrons notre flottabilité instinctivement, nous compensons naturellement.

La communication avec notre binôme s’effectue sans effort.

Nous surveillons notre environnement en permanence.

Toutes ces actions sont stockées dans notre mémoire procédurale.

Cette mémoire est extrêmement robuste.

Mais elle a parfois besoin d’être réveillée.

Après plusieurs mois sans immersion, les gestes sont toujours présents.

Simplement moins fluides.

Moins rapides.

Moins naturels.

Et cette légère différence suffit parfois à générer davantage de fatigue ou de stress.

Ce que notre corps oublie également

La plongée n’est pas uniquement une affaire de technique.

C’est aussi une question d’adaptation physiologique.

Lorsque nous plongeons régulièrement :

  • notre respiration devient plus calme ;
  • notre consommation diminue ;
  • notre flottabilité devient instinctive ;
  • notre niveau de stress baisse ;
  • notre aisance augmente.

Après une longue interruption, ces adaptations doivent être réactivées.

C’est exactement ce qui se produit lors d’une plongée de réadaptation.

Le corps retrouve progressivement ses repères.

 

flottabilité

Les cinq choses que j’avais oubliées après deux ans sans plonger

Étrangement, ce ne sont pas les aspects techniques qui m’ont le plus marquée.

Ce sont les sensations.

Le silence

J’avais oublié à quel point le monde disparaît lorsque l’on passe sous la surface.

Le bruit de ma respiration

Cette respiration lente qui finit par rythmer toute la plongée.

L’apesanteur

Cette sensation unique de flotter dans l’espace.

Le temps qui ralentit

Sous l’eau, tout semble différent.

Les minutes s’étirent.

Les pensées se calment.

Ce sentiment d’être exactement à sa place

Une sensation difficile à décrire à quelqu’un qui ne plonge pas.

Mais que tous les plongeurs comprennent immédiatement.

 

L’histoire de Julien : mille plongées et une belle leçon d’humilité

Lors d’une croisière aux Maldives, j’ai rencontré un plongeur expérimenté qui comptabilisait plus de mille plongées.

Lorsque le directeur de croisière a proposé une plongée de réadaptation, il a souri.

Quelques heures plus tard, il reconnaissait volontiers son erreur.

Sa flottabilité n’était plus aussi précise.

Son lestage n’était plus adapté à sa nouvelle combinaison.

Rien de grave.

Mais suffisamment pour comprendre qu’aucun plongeur, quel que soit son niveau, n’est totalement à l’abri d’une période d’inactivité.

Reprendre la plongée après 50 ans

À partir d’un certain âge, on écoute davantage son corps.

On récupère parfois un peu moins vite.

Et on apprécie davantage le confort.

On devient souvent plus prudent aussi.

Mais on gagne aussi quelque chose de précieux.

L’expérience.

La sérénité.

La capacité à ne plus se laisser impressionner par des situations qui auraient pu générer du stress auparavant.

J’ai rencontré de nombreux plongeurs de plus de cinquante ans qui étaient infiniment plus détendus sous l’eau que certains plongeurs beaucoup plus jeunes.

L’important n’est pas l’âge.

L’important est de reprendre progressivement.

 

 

 

Les erreurs que j’ai observées le plus souvent

Au fil des années, j’ai remarqué plusieurs erreurs récurrentes.

Vouloir descendre immédiatement profond.

Refuser la plongée de reprise par fierté.

Sous-estimer les effets d’un long voyage.

Négliger son lestage.

Changer complètement de matériel juste avant un séjour.

Toutes ces erreurs ont un point commun.

Elles sont faciles à éviter.

Ce que disent les médecins de plongée

Les médecins spécialisés en plongée rappellent régulièrement que la reprise doit être progressive.

Après une longue interruption, il est conseillé de :

  • retrouver ses automatismes ;
  • vérifier son matériel ;
  • reprendre confiance ;
  • adapter progressivement l’intensité des plongées.

La plongée de réadaptation constitue donc un excellent outil de prévention.

Non parce que le plongeur est incapable.

Mais parce qu’il est humain.

Les spécialistes de la plongée le rappellent régulièrement : une longue période sans immersion n’efface pas nos compétences, mais elle peut altérer certains automatismes, notre aisance sous l’eau ou notre familiarité avec le matériel.

La FFESSM souligne d’ailleurs que la plongée de réadaptation ne se limite pas à une simple remise à niveau technique.

Elle permet également au plongeur de se réhabituer progressivement aux sensations, aux contraintes physiologiques et à l’environnement spécifique de la plongée sous-marine.

Avant de repartir pour des plongées plus engagées, prendre le temps de retrouver ses repères constitue donc une démarche de bon sens autant qu’un gage de sécurité.

Cinq exercices pour retrouver ses automatismes avant un voyage

Quelques semaines avant un séjour plongée, il est possible de préparer son retour sous l’eau.

Revoir son matériel

Sortir son équipement.

Le remonter.

Le démonter.

Vérifier que tout est parfaitement familier.

 

Liste du matériel de plongée sous-marine

Relire le manuel de son ordinateur

Un geste simple mais souvent très utile.

Travailler son cardio

Marche rapide.

Natation.

Vélo.

L’objectif n’est pas la performance.

L’objectif est le confort.

Travailler sa souplesse

Particulièrement au niveau des épaules et du dos.

 

Réviser les procédures de sécurité

Les bases reviennent alors beaucoup plus naturellement.

Questions fréquentes

Peut-on rester plusieurs années sans plonger ?

Oui. Beaucoup de plongeurs reprennent après plusieurs années d’arrêt.

Une plongée de réadaptation est-elle obligatoire ?

Pas toujours. Mais elle est fortement recommandée.

Faut-il refaire une formation ?

Pas nécessairement. Cela dépend de la durée de l’arrêt et du niveau de confiance du plongeur.

Pourquoi certains centres imposent-ils une check dive ?

Pour vérifier que le plongeur est à l’aise avant de participer à des plongées plus exigeantes.

Peut-on partir directement en croisière plongée après une longue pause ?

Oui, mais effectuer une plongée de réadaptation auparavant reste une excellente idée.

La plongée s’oublie-t-elle ?

Non.

Les compétences restent présentes.

Mais elles ont parfois besoin d’être réactivées.

Conclusion

Pendant longtemps, j’ai cru que la plongée de réadaptation était une formalité.

Aujourd’hui, je la considère comme un cadeau que l’on se fait à soi-même.

Une occasion de retrouver ses sensations.

De reprendre confiance.

Mais aussi de vérifier son matériel.

Egalement de réactiver ses automatismes.

Et surtout, de renouer avec ce plaisir unique qui nous pousse, encore et encore, à enfiler une combinaison et à basculer dans le bleu.

Alors, la plongée, c’est comme le vélo ?

Oui.

Mais comme pour le vélo, après une longue pause, quelques kilomètres tranquilles avant d’attaquer un col de montagne ne font jamais de mal.

 

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