La panne d’air en plongée, mes cinq conseils sécurité

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La panne d’air en plongée, elle n’arrive pas qu’aux autres!

Et elle n’est hélas pas que théorique, même si, rassurez- vous, elle reste heureusement rare … La panne d’air, celle qu’on redoute, celle qu’on nous apprend à prévoir et à gérer quand on est en formation, celle qui fait si peur aux débutants.

Et oui, si tout ce qu’on vit sous l’eau est magique, la crainte de manquer d’air est légitime. Respirer via une « machine » si performante soit- elle, a ce caractère artificiel qui peut rendre la pratique de ce sport hors normes, angoissante, et là encore rien de plus normal!

Pour autant prévenir c’est guérir, en plongée comme dans d’autres domaines…

Alors issus d’une expérience assez désagréable vécue cet été en Corse et de mes différents cours ou lectures sur le sujet, voici les 5 conseils utiles que j’avais envie de relayer dans cet article…

Parce qu’en ayant beaucoup lu sur le sujet, cela m’a permis de surmonter au mieux une situation qui aurait vraiment pu dégénérer (je vous mets ICI le lien de l’article qui relate cette plongée désastreuse).

Le plus souvent, la panne d’air résulte d’une mauvaise évaluation de notre consommation d’air sous l’eau.

Mais elle peut également survenir à la suite d’un dysfonctionnement du matériel, que l’on peut prévenir au maximum, mais jamais garantir à 100 %. Personnellement ce deuxième cas me stresse davantage du reste, car il est imprévisible et on ne le sent pas arriver.

D’autres facteurs à ne pas négliger peuvent également induire une consommation plus élevée : des conditions de plongée difficiles avec du courant (exactement ce qui s’est passé pour nous lors de notre plongée « contre-exemple »), une mauvaise visibilité, le froid, la fatigue, le stress ou la peur, le palmage intensif, le sur et le sous lestage… 

 

Le premier des conseils que je retiendrai est : planifiez au mieux votre plongée. En anglais on a d’ailleurs coutume d’entendre « plan the dive, dive the plan »!

 

Première chose, choisissez un bloc d’une contenance suffisante en fonction de votre consommation. Vérifiez qu’il soit bien rempli. Je ne sais pour quelle raison mais certains clubs « radinent » bêtement sur le remplissage, et ça a été le cas dans la plongée en Corse citée plus haut, qui a cumulé tout ce qu’il faut éviter…
D’une personne à l’autre, les besoins varient, c’est bien connu. Personnellement j’utilise le plus souvent un 12 L, quand mon chéri choisit plutôt un 15 L, ça le sécurise même s’il n’en a pas forcément besoin.
La profondeur influe aussi directement sur la consommation. Il est donc crucial d’être attentif au profil (annoncé) de votre plongée. Il faut absolument faire un briefing précis avec votre palanquée : planification du parcours, communication régulière de votre niveau d’air,  passage en réserve. Insistez lourdement si le briefing vous parait trop succinct. Encore le cas en Corse, l’été dernier. Ils étaient si occupés à amarrer le bateau avec un courant tel qu’on aurait dû annuler la plongée, que le brief a été réduit à sa plus simple expression!

Quelques consignes de sécurité avant plongée: l’immersion est un moment important!

 

En surface, les consignes de sécurité sont généralement données pour anticiper et réagir face à différentes situations, dont une panne d’air. La plupart du temps, on vous demandera de remonter avec 50 bars.. Ecoutez attentivement les instructions à suivre en cas de problème. Selon les clubs et les conditions météo, un bloc de sécurité est immergé sous le bateau. Dans l’exemple de ma plongée, le bloc de sécurité, trop léger était en surface, tant le courant le remontait, le rendant inutilisable pour nous qui avions un palier à faire après une plongée à 40 mètres…

Avant l’immersion, vérifiez bien aussi l’ouverture votre bouteille. Cela peut paraître évident et idiot, mais de nombreux incidents arrivent à cause d’un bloc mal ouvert. Faites un test de lestage.

Bref, checker et re- checker votre matériel et celui de votre Buddy.

 

Plonger avec la sécurité en tête me permet de rester sereine pendant la plongée 

Soyez toujours attentif à votre binôme (moi j’en suis parfois un peu pénible mais j’assume), restez physiquement proches, pour pouvoir intervenir rapidement en cas de panne, et inversement. Votre octopus, source d’air vitale en cas de panne subite, doit être visible et accessible. Moi il a un capuchon rouge qu’on voit de loin car il doit permettre une mise en bouche rapide et efficace. Votre manomètre doit également être visible. Je peux vous dire qu’entre le moment où la respiration devient difficile et où il reste encore 20 à 30 bars et le moment où plus aucun air n’arrive, il peut s’écouler très peu de temps. J’ai testé pour vous!
Si vous êtes trop éloignés (et ça arrive à tous, notamment à ceux qui s’attardent pour faire des photos!), la situation peut vite devenir ingérable.

Enfin, communiquez régulièrement l’évolution de votre consommation (ce jour- là, je l’ai fait dés 80 bars, en pure perte, le guide de palanquée s’est moquait éperdument, il n’avait qu’une idée en tête, rejoindre le bateau, à contre courant!), et soyez donc extrêmement vigilants aux facteurs externes, comme le courant ou le froid et la distance restant à parcourir… Si j’avais été autonome lors de cette plongée, je peux vous dire que je ne me serai pas laissée embarquer. A 50 bars, je serais remontée tranquille là où j’étais, j’aurais sorti le parachute et j’aurais attendu qu’on vienne me récupérer, après avoir fait mon palier, au lieu de finir péniblement sur 2 octopus différents.

 

Avant dernier conseil pratique, veiller à l’entretien de son matériel.

 

Bien sûr, me direz- vous! Là aussi ça parait évident et ce qui va de soi, va encore mieux en le disant.

Le matériel constitue la base vitale de notre sécurité sous l’eau. Examinez le matériel mis à disposition dans les clubs et son état. Cela doit du reste, selon moi, être examiné avant le départ en plongée et sans aucun doute être un critère de choix du club. Booker un club sur internet c’est bien, mais aller sur place, la veille, c’est mieux! 
Personnellement j’ai tout mon équipement et je m’en félicite! Connaître son matériel est un « plus » indiscutable.

Sans un matériel révisé et performant, impossible de plonger en sécurité! Aussi, n’hésitez pas à le faire réviser chaque année : détendeurs, stab, ordinateur… Ne minimisez pas l’entretien, votre sécurité en dépend. Pensez également à bien rincer votre matos! Perso j’amène régulièrement mon équipement à mon ami Stéphane de Sub- marine à Nice

 

Enfin et ce sera ma dernière suggestion: formez- vous et pratiquez!

 

Pour conclure sur une note positive, les cours reçus et la formation dispensée par mon club à Nice, le Plongée Aigle Nautique, m’a permis de gérer avec sérénité cette situation difficile qui aurait pu mal tourner. Alors mon dernier conseil, c’est formez vous bien, pratiquez, rien ne sert de passer ses niveaux à un rythme forcené, de les enchainer à tout prix. Prenez votre temps!

 

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  • En Martinique ma monitrice m’ a initié a la panne d’ air
    Un jour lors d’une plongée quand J’ ai signaler 50 b elle m’ a fait un signe inconnu va te faire foutre et on a continué à plonger a 6m de profondeur, a 40 b J’ ai refait mon signe 50 b et réserve même réponse . On a continué à plonger dans 6m d’eau sur un des sites de baptême. Je connaissais bien le moniteur et savaid qu’ elle me mettait pas en danger. A 20b elle m’ a demander de rester près d’elle et a détaché sont Octopus en me faisant comprendre que je devais le prendre quand je serais en panne devait . J’ai pris l’ Octopus quand vraiment la respiration devenait difficile. La monitrice avait chronométré le temps à partir de mon premier signe réserve, J’ ai tenu 25 min a 6m avec 50 bar. Après on a débriefe. Elle m’ a expliqué que si un jour j’ était en difficulté avec m’a conso je pouvait moins consommé en remontant et a partir de la réserve prendre la profondeur de 5,6m.
    En Egypte Jétais chef de palanquée J’avais 3 n2 avec moi. Lors d’une plongée avec largage, il fallait après un parcours rejoindre le bateau qui était allé s’amarrer à un récif. A partir des 100 b J’ai remonté le groupe dans la zone des 12 m et à la première réserve J’ai remonté la palanquée a 5m. Très vite mes collègues m’ont signalé la réserve les un après les autres et J’avais toujours pas mon bateau en vu. j’ai fait le signe de rester groupé avec celui avec le moins d’ air à mes coté et j’ai montré la direction. On a encore palmé, on est passé sous 4 bateaux avant de reconnaître la palme bleu du notre. Quel soulagement on est arrivé au bateau sans casse . Un des plongeurs était a 20 b 2 à 30 b et moi a 50 b.
    Sonia

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  • Voici ma dernière experience à ce sujet :
    2 plongées planifiées sur 2 spots à Cozumel. La 1ère plongée se passé sans problèmes, petite dérivante. Remontée sur le bateau et on change de bouteille. Sauf que j’ai pas fait attention à quelle bouteille prendre. Ne sachant pas trop, j’ai pris celle qui était à côté de ma 1ère bouteille, à la place qui m’était attribuée sur le bateau. Et ….. fatigue peut-être, je ne sais pas, je n’ai pas vérifié le mano, alors que j’étais persuadée de l’avoir fait et d’avoir vu 200 bars (pourtant, pas de narcose non plus, 1ere plongée à 23m).
    Donc, mise à l’eau pour la 2ème plongée et après 4 minutes, à 20m., je me dis, bizarre on dirait que j’ai plus d’air …. je repsire encore une fois, et je sens bien que la bouteille est vide.
    Donc, j’ai été vers mon buddy et j’ai pris son détendeur de secours pour respirer dessus et pour qu’il checke si ma bouteille était bien ouverte. Elle était bien ouverte et mano indiquait 0 bars…. En fait, je pense avoir pris une bouteille où il devait rester 20 bars à tout casser.
    Remontée tranquille et changement de bloc … pour un plein cette fois…. 9 minutes plus tard, redescendre pour une vrai plongée, cette fois, de 50 min. 🙂
    Conclusion : ne pas paniquer et effectivement, avoir eu un bon apprentissage pour gérer la panne d’air, sans paniquer et sans remontée catastrophe.

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  • On voit bien que tu as été formée à la PAN !!!! On croirait entendre Sylvain .

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