Amour inconditionnel

Amour inconditionnel, et si nous portions tous en nous une part d’amour divin ?

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Il existe des mots que l’on emploie souvent, parfois trop facilement. « Amour » en fait partie. Nous aimons un être, un lieu, un souvenir, une chanson.

Nous disons aimer nos proches, nos amis, notre maison, notre vie. 

Mais il existe peut-être une forme d’amour qui dépasse toutes les autres. Un amour qui ne demande rien, qui n’attend rien, qui ne se négocie pas. Un amour qui semble exister indépendamment de tout ce qui pourrait l’altérer.

 

FAMILLE

L’amour inconditionnel décrit dans les Expérience de Mort Imminentes.

Depuis longtemps, les témoignages de personnes ayant vécu une expérience de mort imminente, une EMI, m’interpellent. 

Bien sûr, chacun peut interpréter ces récits selon ses croyances. Certains y voient un phénomène spirituel, d’autres une expérience neurologique encore imparfaitement comprise. Je n’ai pas besoin de trancher cette question pour être touchée par ce que beaucoup racontent.

Ce qui revient souvent dans leurs paroles, c’est l’amour. L’amour inconditionnel disent-ils tous. 

Pas simplement le sentiment d’être aimé.

Ils parlent d’une sensation d’amour tellement puissante qu’elle serait presque impossible à décrire avec nos mots ordinaires. Une présence. Une lumière. Une énergie. Un sentiment d’être accueilli sans jugement, sans condition, sans reproche. Une impression d’être enveloppé, compris, reconnu dans ce que l’on est profondément.

Comme si, soudainement, plus rien n’était à prouver.

On n’aurait plus besoin d’être meilleur, plus fort, plus beau, plus brillant. Plus besoin de réussir, de convaincre ou de mériter quoi que ce soit.

On serait simplement aimé parce que l’on existe.

Et lorsque j’entends cette description, quelque chose résonne profondément en moi.

Parce qu’il existe un endroit dans ma vie où je connais, au moins un peu, cette sensation.

C’est ce que je ressens pour mon fils et pour mes petits-enfants.

Je les aime d’une manière qui échappe à toute logique. Inconditionnelle.

Un amour qui ne dépend pas de ce qu’ils font, de ce qu’ils réussissent ou de ce qu’ils pourraient un jour devenir.

Je les aime parce qu’ils sont eux.

Tout simplement.

Lorsque je pense à eux, il m’arrive d’être littéralement envahie par une sensation de bonheur. Je souris sans m’en rendre compte. Parfois les larmes me viennent aux yeux. Ce ne sont pas des larmes de tristesse. Ce sont presque des larmes de trop-plein.

Comme si le cœur, à certains moments, ne suffisait plus à contenir ce que l’on ressent.

Je les regarde vivre, grandir, rire, évoluer, et une émotion immense m’envahit. Ils sont ma chair et mon sang.

Et je sais une chose avec une certitude absolue : s’il fallait donner ma vie pour eux, je n’aurais même pas besoin de réfléchir.

Je le ferais.

Cette pensée pourrait sembler dramatique. Pourtant, dans mon esprit, elle ne l’est pas du tout.

Elle est paisible.

Parce que cet amour-là ne procède pas d’un raisonnement. Il ne passe pas par le calcul ou la peur.

Il dit simplement : « ta vie compte pour moi plus que la mienne. »

 

Amour inconditionnel

Voilà peut-être ce qu’est, à notre échelle humaine, l’amour inconditionnel.

Aimer quelqu’un sans se demander ce que cet amour va nous rapporter.

Aimer sans contrat. Sans contre partie. En cela il diffère de l’amour (parfois très fort aussi pour son conjoint, mais à la différence on attend de lui un retour, celui a minima d’être aimé en retour).

Là c’est différent on aime sans exiger que l’autre corresponde exactement à ce que nous avions imaginé pour lui.

Aimer au-delà des désaccords, des maladresses, des distances ou des chemins différents.

Cela ne signifie évidemment pas tout accepter.

L’amour inconditionnel n’est pas l’absence de limites. On peut aimer profondément quelqu’un et refuser certains de ses comportements. On peut aimer tout en étant blessé, déçu ou inquiet.

Mais quelque chose demeure sous tout cela.

Un socle.

Une certitude.

« Même lorsque je ne suis pas d’accord avec toi, même lorsque je ne comprends pas tes choix, même lorsque la vie nous bouscule, mon amour pour toi existe toujours. »

Lorsque les personnes ayant vécu une EMI parlent de cette énergie d’amour qui les aurait entourées, j’imagine parfois quelque chose de semblable, mais infiniment plus vaste.

Et si cette énergie divine dont elles parlent ressemblait justement à cela ?

Non pas à un Dieu qui surveille, comptabilise, récompense et punit.

Mais à une présence qui aimerait chacun de nous comme seuls une mère, un père ou un grand-parent peut aimer un enfant.

Sans conditions, dossier à défendre, ou examen à réussir.

Imaginez un instant un amour capable de regarder chacune de nos imperfections tout en continuant à voir notre lumière.

Un amour qui connaîtrait toutes nos erreurs, tous nos détours, toutes nos colères, toutes nos fragilités, et qui pourtant continuerait à dire : « Je t’aime. »

 

Amour inconditionnel

Cette idée me bouleverse.

Parce qu’elle transforme complètement notre rapport à la spiritualité.

Peut-être que le divin, s’il existe, n’est pas d’abord une question de religion, de règles ou de dogmes.

Peut-être qu’il est une expérience.

Et peut-être que nous pouvons parfois en percevoir quelque chose ici, dans notre vie quotidienne.

Dans le regard d’une mère sur son enfant, dans les bras d’un grand-père ou d’une grand-mère autour d’un petit-enfant.

Dans le geste de celui qui protège spontanément un autre être humain.

Ou encore dans cette impulsion mystérieuse qui nous fait préférer le bonheur de l’autre au nôtre.

Je ne prétends pas savoir ce qu’il y a après la mort.

Je ne sais pas davantage expliquer exactement ce que vivent les personnes qui traversent une EMI.

Mais leurs récits me touchent parce que, lorsqu’elles parlent de cet amour absolu, je crois reconnaître quelque chose.

Une sensation connue.

Un territoire émotionnel que j’ai déjà visité.

Quand je regarde mon fils ou je pense à mes petits-enfants.

Quand leur simple existence suffit à remplir mon cœur.

Je me dis alors que nous possédons peut-être tous en nous une petite parcelle de cet amour immense.

Une étincelle.

Et je me dis aussi que le plus beau travail d’une vie consiste peut-être à l’agrandir.

En essayant de regarder davantage les autres avec bienveillance. Pas toujours simple. À juger un peu moins. Pas évident.

À pardonner parfois. Encore plus dur !

Et à aimer les gens non pas seulement pour ce qu’ils font pour nous, mais pour ce qu’ils sont.

Bien sûr, nous restons humains.

Nous avons nos colères, nos blessures, et nos limites.

Mais il existe en nous une capacité qui dépasse tout cela.

La capacité d’aimer.

Et certains êtres ont ce pouvoir extraordinaire de nous la révéler.

 

Pour moi, ce sont mon fils et mes petits-enfants. Mon conjoint aussi.

Ils me font comprendre physiquement ce que le mot amour peut vouloir dire lorsqu’il devient immense.

Lorsque je pense à eux et que ce sourire monte spontanément sur mon visage, lorsque mes yeux se remplissent de larmes sans aucune tristesse, lorsque je ressens cette chaleur presque palpable qui m’envahit, je me dis parfois : et si c’était cela ?

Et si cette sensation n’était qu’une minuscule version de cet amour universel décrit par tant de personnes revenues d’une expérience aux frontières de la mort ?

Si tel était le cas, alors l’idée de l’au-delà ne serait peut-être pas celle d’un endroit.

Elle serait celle d’un état.

Un endroit intérieur où la peur disparaît. Où les jugements n’ont plus d’importance.

Où l’on comprend enfin que derrière nos vies compliquées, nos ambitions, nos combats et nos blessures, quelque chose de beaucoup plus simple nous relie.

L’amour.

Un amour qui ne demande aucune justification, qui n’a ni début ni fin.

Un amour qui dit simplement : tu existes. Et parce que tu existes, tu es aimé.

 


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