Vomir en plongée

Peut-on vraiment vomir dans son détendeur ? Mythe ou réalité ?

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C’est probablement l’une des questions que beaucoup de plongeurs se posent… mais que peu osent poser.

On imagine facilement la scène : vous êtes à 20 mètres de profondeur, le bateau roule depuis une heure, le mal de mer s’installe ou une mauvaise digestion se rappelle à votre bon souvenir. Une seule pensée vous traverse alors l’esprit :

« Et si je vomis ? Je fais quoi ? Je retire mon détendeur ? »

Bonne nouvelle : la réponse est simple.

Oui, on peut vomir dans son détendeur. Et surtout… il ne faut surtout pas le retirer.

Cela peut sembler contre-intuitif, mais c’est exactement ce que tous les moniteurs enseignent.

Voyons pourquoi.

Vomir dans son détendeur en plongée

Pourquoi peut-on avoir envie de vomir en plongée ?

Les causes sont nombreuses.

Le mal de mer

C’est de loin la première cause.

Parfois, la traversée est plus difficile que la plongée elle-même. Une mer formée, un bateau qui tangue, une attente prolongée sur le mouillage… tout est réuni pour déclencher un conflit entre les informations envoyées par les yeux et celles perçues par l’oreille interne.

Certaines personnes se sentent parfaitement bien dès qu’elles sont sous l’eau… mais d’autres gardent cette sensation de nausée pendant toute la plongée.

Le stress

Le stress agit directement sur le système digestif.

Avant une plongée difficile, une première épave, une dérivante ou une plongée profonde, il n’est pas rare que l’organisme réagisse par des nausées.

Une digestion difficile

Le petit-déjeuner gargantuesque avalé à la hâte avant d’embarquer, le café de trop ou les aliments très gras peuvent transformer une belle sortie en expérience beaucoup moins agréable.

L’effort

Le froid, le courant, la fatigue ou une forte consommation d’air peuvent également favoriser les nausées.

Faut-il retirer son détendeur ?

La réponse est claire.

Non.

Jamais.

Lorsque l’on vomit, notre premier réflexe à la surface serait évidemment de retirer ce que l’on a dans la bouche.

Sous l’eau, ce réflexe peut devenir extrêmement dangereux.

En retirant son détendeur :

  • vous ne respirez plus ;
  • vous risquez de paniquer ;
  • vous pouvez inhaler de l’eau ;
  • vous augmentez fortement le risque d’accident.

Le détendeur est conçu pour continuer à fonctionner même si vous vomissez.

C’est précisément pour cela que les instructeurs répètent :

Gardez votre détendeur en bouche.

Détendeur : vomir en plongée

Mais le détendeur ne va-t-il pas se boucher ?

C’est une idée très répandue.

En réalité, la plupart des détendeurs modernes continuent parfaitement à délivrer de l’air.

Le vomi est généralement expulsé :

  • par la soupape d’expiration ;
  • par les côtés de l’embout ;
  • ou reste en petite quantité dans la chambre d’expiration.

L’arrivée d’air n’est pas obstruée.

Le plongeur peut continuer à respirer.

Après l’épisode, il suffit souvent d’effectuer une bonne purge et de continuer à respirer calmement.

Vomir en plongée

Comment réagir si cela arrive ?

La première règle est simple :

Rester calme.

Même si la situation est désagréable, elle n’est généralement pas dangereuse.

Ensuite :

  • continuez à respirer normalement ;
  • gardez votre détendeur en bouche ;
  • laissez le vomissement s’évacuer naturellement ;
  • purgez ensuite le détendeur si nécessaire ;
  • signalez à votre binôme que vous ne vous sentez pas bien.

Si les nausées persistent, il est préférable d’interrompre la plongée.

Le binôme doit-il intervenir ?

Pas forcément.

Sauf si le plongeur montre des signes de panique ou de détresse.

Dans la majorité des cas, quelques gestes suffisent :

  • un signe « ça va » ;
  • ralentir le rythme ;
  • remonter tranquillement si nécessaire.

Un plongeur qui vomit n’est pas automatiquement en difficulté.

Les poissons adorent…

Voilà une anecdote que connaissent tous les guides de plongée.

Dès qu’un plongeur vomit…

Les poissons arrivent.

Très vite.

Le contenu rejeté devient une véritable source de nourriture.

Certaines espèces semblent même avoir compris le principe depuis longtemps et viennent inspecter les bulles avec curiosité.

Cela donne parfois des scènes assez cocasses… sauf pour le plongeur concerné !

Vomissement poissons

Peut-on éviter de vomir ?

Pas toujours.

Mais plusieurs précautions réduisent nettement le risque.

Éviter les repas trop copieux

Un repas léger, pris une à deux heures avant la plongée, est généralement préférable.

Bien s’hydrater

La déshydratation favorise le mal de mer et la fatigue.

Regarder l’horizon sur le bateau

Cette astuce reste l’une des plus efficaces contre le mal de mer.

Évitez de fixer votre téléphone ou votre appareil photo pendant la navigation.

Limiter l’alcool la veille

Même si cela paraît évident, une soirée trop arrosée augmente les risques de nausées et de déshydratation le lendemain.

Utiliser un traitement si nécessaire

Pour les personnes sujettes au mal de mer, plusieurs solutions existent :

  • médicaments prescrits ou conseillés par un médecin ;
  • bracelets d’acupression ;
  • gingembre, qui peut soulager certaines personnes.

Attention toutefois : certains médicaments contre le mal des transports peuvent provoquer de la somnolence. Avant de plonger, demandez toujours conseil à un professionnel de santé ou à un médecin de plongée.

Et si cela arrive pendant une formation ?

C’est beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine.

Entre le stress, les exercices, la combinaison neuve et les premières immersions, certains élèves ont des nausées.

Les moniteurs y sont habitués.

Personne ne sera jugé.

Mieux vaut prévenir son encadrant que cacher son malaise.

Des anecdotes que beaucoup de plongeurs connaissent…

Sur un bateau aux Maldives, alors que la houle secouait les plongeurs depuis près d’une heure, un moniteur lança avec un grand sourire :

« Si vous devez nourrir les poissons… faites-le une fois dans l’eau, pas sur le pont ! »

Quelques minutes plus tard, un plongeur suivit ce conseil malgré lui. À peine avait-il retrouvé son calme qu’un nuage de fusiliers, de vivaneaux et même un baliste surgit comme s’il avait sonné la cloche du déjeuner. La plongée reprit dans les rires, et l’incident fut vite oublié.

Une expérience que j’ai moi même vécue aux Bahamas, est restée gravée. Je vous laisse en prendre connaissance en lisant cet article

mal de mer

Comme quoi, même un moment peu glorieux peut devenir une anecdote mémorable.

Mythe ou réalité ?

C’est une réalité.

Oui, un plongeur peut vomir dans son détendeur.

Ce n’est ni exceptionnel, ni forcément grave.

Le plus important est de retenir ces trois règles :

  • ne jamais retirer son détendeur ;
  • continuer à respirer calmement ;
  • prévenir son binôme si nécessaire.

La plongée réserve parfois quelques situations inattendues. Celle-ci est certainement l’une des moins glamour… mais aussi l’une des mieux gérées lorsque l’on connaît la bonne réaction.

FAQ

Peut-on respirer normalement après avoir vomi dans son détendeur ?

Oui. Les détendeurs sont conçus pour continuer à fournir de l’air. Une purge permet souvent d’évacuer les résidus.

Est-ce fréquent en plongée de vomir dans son détendeur ?

Ce n’est pas courant, mais ce n’est pas rare non plus. Le mal de mer, le stress ou une digestion difficile en sont les principales causes.

Faut-il interrompre la plongée ?

Pas systématiquement. Si les nausées disparaissent et que le plongeur est à l’aise, la plongée peut parfois se poursuivre. En cas de malaise persistant, il est préférable de remonter calmement avec son binôme.

Les poissons sont-ils attirés par les vomissements ?

Oui ! De nombreuses espèces opportunistes viennent rapidement profiter de cette source de nourriture, ce qui donne parfois des scènes étonnantes.

Peut-on prévenir le mal de mer avant une plongée ?

Oui. Un repas léger, une bonne hydratation, regarder l’horizon pendant la navigation et, si besoin, un traitement adapté après avis médical peuvent réduire le risque.


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